Médécine Nucléaire

NucMed

La médecine nucléaire utilise des radio-isotopes pour visualiser (diagnostiquer) et traiter les tumeurs dans le corps humain. De nombreux hôpitaux utilisent des scanners PET (tomographie par émission de positons) et SPECT (tomographie informatisée à émission monophotonique), qui utilisent couramment des radio-isotopes pour visualiser les tumeurs dans le corps. Avant un tel scanner, une solution contenant un radio-isotope fixé à un composé chimique spécifique est injectée au patient. Dans le cas de l'imagerie moléculaire, le composé chimique (auquel le radio-isotope est fixé) va cibler et se lier aux cellules tumorales dans le corps. À partir de l'émission de rayonnement par le radio-isotope de diagnostic, nous pouvons visualiser la tumeur (en détectant le rayonnement gamma ou les photons quittant le corps humain). Par ailleurs, le rayonnement dit bêta ou alpha, émis par un isotope de traitement, n'a qu'une très courte portée à l'intérieur du corps humain, jusqu'à quelques mm pour le rayonnement

bêta et environ 50 µm pour le rayonnement alpha. L'énergie déposée par une particule alpha d'un tel radio-isotope est suffisante pour tuer la cellule malveillante. Par conséquent, l'un des principaux avantages de la thérapie ciblée par radionucléides est qu'elle réduit les dommages collatéraux au tissu sain. Ceci permet l’usage d’un tel traitement dans le cas de tumeurs distribuées dans le corps (métastases ou cellules cancéreuses se déplaçant).

Le traitement ciblé par radionucléides est une méthode de traitement du cancer très prometteuse, en particulier dans les cas où des méthodes plus classiques (intervention chirurgicale, traitement par irradiation de l’extérieur, …) ne peuvent être utilisées. Cependant, l'extension de ce traitement à un grand nombre de patients est entravée par l'insuffisance des stocks de radio-isotopes. MYRRHA jouera un rôle majeur pour combler cette lacune. La puissance élevée de l'accélérateur de protons et des programmes de production d'isotopes dédiés permettront la production de ces isotopes en grandes quantités. De plus, on peut produire différents isotopes de la même famille (comme divers isotopes du terbium) avec une pureté isotopique extrêmement élevée. Certains de ces isotopes ont de bonnes propriétés pour l'imagerie (émetteurs gamma et bêta) alors que d'autres sont mieux adaptés au traitement (surtout les émetteurs alpha, mais aussi dans une moindre mesure bêta). Lorsque l'on utilise des isotopes de la même famille pour l'imagerie et le traitement (dans l'approche « théranostique »), chacun des isotopes peut partager le même agent de ciblage, ce qui permet de mettre en œuvre un soin plus personnalisé. La réaction du corps à la prise de médicaments peut être mieux évaluée et la dose nécessaire au traitement peut être estimée avec plus de précision. Il s'agit d'un élément clé pour la réussite d'un traitement.

Aujourd'hui, plus de 10 000 hôpitaux dans le monde utilisent des radio-isotopes en médecine et environ 90% des procédures sont destinées au diagnostic (visualisation des tumeurs). Le radio-isotope le plus couramment utilisé en imagerie SPECT est le technétium-99 (Tc-99), qui est formé par la désintégration du molybdène-99. Plus de 30 millions d'interventions sont réalisées chaque année avec ce radio-isotope, ce qui représente environ 80% de toutes les interventions de médecine nucléaire dans le monde. Actuellement, le réacteur BR2 du SCK CEN est un acteur majeur dans l'approvisionnement mondial en Tc-99. Le réacteur MYRRHA assumera ce rôle lorsqu'il deviendra opérationnel.