Traitement des déchets nucléaires

Transmutation v2

Plusieurs pays dans le monde utilisent l'énergie nucléaire pour produire leur électricité. La contribution de l'énergie nucléaire à la gestion du climat est largement reconnue. Par exemple, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, a constaté que l'énergie nucléaire joue un rôle important dans la plupart des modèles énergétiques qui souhaitent limiter le réchauffement climatique à 1,5 ºC. Afin d'optimiser davantage l'énergie nucléaire en tant que fournisseur d'énergie durable, des solutions doivent être trouvées pour les déchets nucléaires existants et futurs.

Il est d’ores et déjà possible de recycler une grande partie des déchets nucléaires en combustible à oxyde mixte ou MOX. Ce combustible retravaillé peut être utilisé dans la plupart des réacteurs. Mais ce recyclage ne résout pas le problème des déchets hautement toxiques émettant de la chaleur. En raison

de la longue durée de demi-vie des radio-isotopes dans ces déchets, ils doivent être stockés sous terre dans des couches stables pendant des centaines de milliers d'années.

Comme installation de recherche innovante, MYRRHA peut faire progresser le traitement des déchets nucléaires vers une nouvelle phase. Avec des procédés de séparation avancés, il est déjà possible d'isoler du combustible nucléaire usé les éléments qui dégagent le plus de chaleur et qui ont les demi-vies les plus longues, lesdits actinides mineurs. L'un des avantages d'un système piloté par accélérateur (Accelerator Driven System) avec un réacteur refroidi par un eutectique plomb-bismuth est qu'il peut désintégrer ces actinides mineurs. Ce processus est appelé transmutation. Selon les simulations, les réacteurs de type MYRRHA peuvent fonctionner en toute sécurité avec jusqu'à 30% d'actinides mineurs comme combustible, bien plus que, par exemple, les centrales nucléaires traditionnelles qui produisent de l'électricité. MYRRHA sera donc le premier prototype au monde à fournir des informations supplémentaires sur la transmutation des actinides mineurs.

Un stockage géologique sera toujours nécessaire pour les déchets résiduels après transmutation. Cependant, ces procédés avancés de séparation et transmutation auront un impact positif sur la sûreté et l'économie. Le résultat final réduira la radiotoxicité des déchets restants et réduira également l'empreinte de ces déchets.

Pour plus d'informations, veuillez vous référer au document de position scientifique (Scientific Position Paper) conjoint du SCK CEN et de l’ONDRAF sur le stockage géologique des déchets nucléaires en Belgique.