Mise en œuvre du projet MYRRHA

Le 7 septembre 2018, le gouvernement fédéral belge a décidé que le projet MYRRHA serait construit sur le site du SCK CEN à Mol. Sur la base d'un budget total du projet de 1,6 milliard d’euros, le gouvernement belge a alloué 558 millions d’euros pour la mise en œuvre en plusieurs phases.

En outre, le gouvernement belge a annoncé la création d'une association internationale sans but lucratif qui sera idéalement mise en place pour accueillir les investissements de nouveaux pays partenaires. Étant donné que MYRRHA fait partie de l'ESFRI (European Strategic Forum for Research Infrastructure) et du SET (European Strategic Energy Technologies), tous deux de l’Union européenne, le projet est candidat au financement de la Banque européenne d'investissement (BEI).

MYRRHA sera construit en trois phases :

  • Phase 1 : conception et construction de la première partie du linac (jusqu'à 100 MeV), de la Proton Target Facility et de la Fusion Target Station. Cette phase doit confirmer la fiabilité opérationnelle du linac qui sera ensuite nécessaire pour alimenter le réacteur avec un faisceau de protons (600 MeV). De plus, cette phase comprend la construction d’une Proton Target Facility pour la production de radio-isotopes médicaux, pour la recherche – fondamentale et appliquée – dans le domaine de la physique et pour la recherche sur les matériaux. Cette phase comprend également la construction de la Fusion Target Station, dédiée à la recherche des matériaux pour la fusion nucléaire. Finalement, cette phase inclut la recherche et le développement de l'extension de l'accélérateur à 600 MeV et du réacteur sous-critique, ainsi que la licence préalable. La Phase 1 se terminera en 2026.
  • Phase 2 : extension du linac de 100 MeV à 600 MeV. Cette extension est nécessaire pour alimenter le réacteur. À l'issue de cette phase, l'accélérateur aura une longueur d'environ 400 m. La réception de la Phase 2 est prévue pour 2033.
  • Phase 3 : construction du réacteur. Tous les systèmes primaires sont logés dans un réacteur de type piscine à double paroi qui fonctionnera sous une pression atmosphérique normale. Le réacteur sous-critique sera alimenté par des neutrons générés par la source de spallation à partir du faisceau de protons du linac. Ce réacteur rapide est refroidi par un eutectique plomb-bismuth et aura une capacité thermique maximale de 100 MW. Le réacteur sera opérationnel en 2036.